La recherche du Maxi est le coeur de la pratique du Développé Couché en compétition. Ceci étant, c'est un type de travail très spécifique et pénalisant pour l'organisme qui ne doit pas être répété trop souvent. Pour palier à l'obsession des athlètes quant à leur progression, des outils mathématiques ont étés mis en place permettant de trouver quel est le maxi théorique d'un athlète, avec une précision relativement plus élevée qu'on ne le croit. Deux méthodes permettent d'atteindre ce genre de résultat; une formule (de Brzycki) et des coefficients multiplicateurs (Brzycki, NSCA, Epley, Lander).

La Méthode des formules

Matt Brzycki (coordonateur de l’université de Pinceton pour l’éducation physique) est une sommité dans le monde de l’entraînement en force, il est à l’origine d’un travail statistique colossal de recherche de corrélation entre la capacité à soulever un poids donné sur plusieurs répétitions et le maxi théorique qui en découle. En d’autres termes, il a trouvé, en 1993, le calcul permettant de trouver le maxi théorique à partir d’un nombre de répétitions effectué à un poids donné. Ce nombre de répétitions doit être inclus entre 2 et 10 pour que le calcul soit valable, car au delà les composantes cardio-vasculaires commencent à prendre beaucoup d’importance.

Il y a aussi la formule de Boyd Epley, qui date de 1985 et qui est plus adaptée aux athlètes ayant plus de fibres rapides et pratiquant plus les exercices avec peu de répétitions. Elle est donc idéale si vous êtes en fin de préparation à la compétition et que vous n'effectuez que des séries courtes et lourdes. C'est une des raisons pour lesquelles ce calcul n'est pas considéré valable au delà de 9 reps.

Il y a aussi, pour finir, la formule de J. Lander, datant elle aussi de 1985: Cette formule donne des résultats se situant entre ceux de Epley et Brzycki.

Cette formule est facilement intégrable sous un tableur sous la forme suivante :

=SOMME(case poids)/(1,0278-(0,0278*case reps)).

Cette formule est facilement intégrable sous un tableur sous la forme suivante :

=SOMME((case poids*case reps*0,033)+ case poids).

Elle est facilement intégrable sous un tableur sous la forme suivante:

=SOMME(case poids)/((1,013-(0,0267123*case reps)).

La Méthode des coefficients

Ces formules existent aussi sous la forme de coefficients. Chaque nombre de répétition a un coefficient qui lui est propre. Ces coefficients doivent être utiliséss pour diviser le poids auquel on a fait le nombre de reps données. Cette simple division vous donne votre "maxi théorique" ou "1RM".

D'où viennent ces coefficients ? Ils sont le fruit d'un travail statistique. Ils ne sont donc pas totalement exacts. Ils ont été obtenus de la manière suivante:

On demande à un athlètte son maxi réel.
On lui demande d'effectuer une série jusqu'à l'échec avec un poids suffisant pour que ces dernières ne dépassent pas 10. Si il en effectue par exemple 6 à un poids qui représente 87% de son maxi, on va noter que, pour cet ahtlète, le coefficient de 6 reps est de 0,87. Bien sur, si il a échoué pendant le 7e mouvement, on n'en compte que 6.
On répéte la manoeuvre avec des centaines d'athlètes pour à chaque fois toutes les répétitions incluses entre 2 et 10 et on note, à chaque fois, les coefficients personnels relatifs à chaque répétition et on obtient un immense tableau comme ce (petit) exemple (les coefficients ne sont pas contractuels):


En faisant la moyenne (sur des milliers de données) des coefficients personnels d'une série de 3 par exemple, on obtient le coefficient des séries de 3, avec lequel on va diviser le poids de travail de ces séries de 3. En répétant la méthode pour toutes les séries, on obtient un jeu de coefficients qui a de grandes chances de fonctionner pour presque tout le monde, avec de toutes façons des variations entre les résultats réels et l'estimation qui varieront de quelques centaines de grammes dans le pire des cas.

On retrouve dans la liste des coefficients ceux dérivés des formules de Brzycki, Epley, Lander, mais surtout le travail très interessant de la NSCA qui en édite 3, un pour chaque mouvement de Force Athlétique:

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Utilisation des formules

Ils permettent d'éviter de prendre le risque de se blesser en faisant un maxi (risque toujours présent, les compétiteurs du Club 150kg le savent bien).
Ils permettent d'évaluer la progression d'un athlète par rapport à un ordre de grandeur fixe.
Ils permettent d'établir quel jeu de séries est déficitaire chez un athlète (par exemple, un athlète qui en fait moins que prévue en séries de 8).

Ceci étant, ces calculs ont leurs limites car ils sont le fruit d'une recherche statistique et tout le monde n'est pas forcément dans la moyenne. Ils ne prennent donc pas en compte des facteurs déterminants comme la répartition des fibres rapides et lentes chez chacun d'entre nous, le niveau d'insertion musculaire sur l'articulation, la qualité des ramifications nerveuses qui sont responsables de la mobilisation musculaire, etc.

Sil il s'avvère que vous êtes "en dessous" des prédictions des tableaux, cela signifie soit que vous avez moins de fibres lentes que rapides, ou que votre système neuro-musculaire est moins efficace que prévu pour mobiliser lesdites fibres.

Ceci étant, ces coefficients permettent de juger une progression sans toutefois s'enfermer dans un type de travail déterminé: on peut donc comparer sur la même base une série de 10 à 120kg et une de 8 faite un autre jour à 125kg, ou une de 4 à 132,5kg.

Comparaison des formules
Comparons maintenant les résultats que donnent ces 24 formules: 4 tendances se détachent.
  La majorité des formules suivent la même courbe logarithmique, grossièrement convexe (creusée) avec un gros pic sur le maxi et une chute rapide dès la 2e rep et un applatissement vers 10 reps.
  La formule énoncée par Maurice & Rydin pour le bas du corps se détache fortement du reste du groupe, laissant entendre une relation quasiment linéaire entre reps et kg soulevés.
  La formule de la NSCA pour le squat est certainement la plus interessante car elle montre une chute très très rapide de la force dès que l'on augmente les reps, laissant entendre que le squat serait plus que tous les autres pratiques celle qui demande le plus d'influx... alors que celle concernant le soulevé de terre se trouve au milieu du groupe général.
  La formule de Mayhew suit la même logique que celle de la NSCA pour le squat, avec une très très rapide baisse de puissance dès que l'on passe à 2 reps, pour ensuite rejoindre les résultats du groupe principal au delà de 6eps. C'est la formule la plus convexe de toutes, celle qui place la 1RM comme un pic et non comme une continuité.

Classement des formules
Voici les 24 formules de calcul de maxi théorique classées de la plus optimiste à la plus pessimiste en fonction du maxi qu'elles donnent selon qu'on les applique sur 2, 3, 4 reps, etc. Le tableau se lit verticalement de la façon suivante: pour 2 reps effectuées, le maxi théorique calculé le plus optimiste est celui de Maurice & Rydin (bas du corps), et le plus pessimiste est celui de Mayhew. Comparer et classer les résultats permet ainsi de savoir si une formule donnée est plus "fiable" en séries longues ou courtes. Cependant, ce classement ne donne qu'une tendance, car la position de chaque formule peut varier d'un cran selon les kg choisis.